Peut-être que ce que j'aime particulièrement ici c'est la facilité à passer du rire aux larmes. Samedi soir ça n'allait pas vraiment, nous avons donc décidé d'aller à la messe anticipé dans une paroisse tenue par un prêtre franco-italien, le père Roberto.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>J'aime bien cette église parce que pour une raison que j'ignore ou pour de bêtes raisons esthétique et pratique, il n'y a pas de mur latéral. Cette particularité à un double intérêt : Il n'y fait pas trop chaud le dimanche matin lorsque l'église est bondée et le samedi soir on peut y admirer le couché de soleil sur l'océan.
<o:p> </o:p>Samedi soir, donc je suis allée admirer autant le couché de soleil que le sermon du père Roberto. A la fin de la messe le père Roberto m'a fait un cours accéléré sur ce que je pouvais attendre ou pas de mon séjour ici. Dix jours, mes illusions n'auront tenues que dix jours...
La balade au bord de l'océan était belle mais les propos étaient graves.
« Tu as vu ce que les hommes ont fait au fils de Dieu, que veux-tu qu'ils fassent à une pauvre petite blanche qui a quitté son pays pour venir ici »
« Tu es venue vivre de pauvreté avec tes frères africains, ce n'est rien, ce n'est pas suffisant, maintenant il faut que tu accepte de te faire dépouiller comme le Christ s'est fait dépouillé de son manteau avant le supplice »
<o:p> </o:p>Sur ces belles paroles j'étais prête à rentrer chez moi, mais la chorale avait commencé les répétitions pour le lendemain. Quel spectacle, quel joie et quel bonheur : « oh mon papa, en toi je mets ma confiance » chantaient les choristes en tapant dans les mains. Notre petite église sans mur latéral n'avait rien à envier aux églises d'Harlem. Tout y était : Thomas, le chef de chœur exalté, Solange et Marie-Louise les solistes excessives et Bonne Année le pianiste virtuose.
<o:p> </o:p>En partant regonflée par le père Roberto et les chants nous avons salué tout le monde et lancé un amical : « Bonne nuit, bonne année ! » au pianiste. Cette simple phrase nous à fait rire pendant toute la soirée et nous ferait encore rire si la charité chrétienne ne nous empêché pas de nous moquer du prénom de notre prochain...