Mes origine font de moi quelqu'un de fière et quand il s'agit de défendre mon honneur, je n'ai pas de leçon à recevoir des africains.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Cet après-midi, nous avons été invité au baptême de la fille d'une infirmière du dispensaire. Anita Toupou Coloma, est née au dispensaire la semaine dernière et comme elle porte le prénom d'une ancienne coopérante, nous sommes allées à son baptême en grande délégation.
<o:p> </o:p>En plus du reste de l'équipe des coopérants il y avait le banc et l'arrière banc du dispensaire. C'était le lieu où il fallait être ce week-end. Comme dans tous les baptêmes, nous avons bien mangé, bien bu et regardé les autres invités se trémousser sur la piste de danse. Tout ce passait bien quand soudain le DJ a appellait les coopérantes du dispensaire sur la piste. J'ai sentit le traquenard, ils allaient pouvoir se moquer de nous avec notre raideur et notre manque de rythme. J'ai relevé le défis, j'ai mis un billet de mille francs dans mon soutien gorges et je me suis levée.
<o:p> </o:p>J'avais déjà vu faire ça dans le quartier quand je vais courir. Deux femmes s'affrontent en dansant et la gagnante met un billet dans la cagnotte du bébé ou des mariés. Mon adversaire était une grosse mama désignée par le chef de famille. C'était une question d'honneur, je représentais les coopérantes et le dispensaire, je n'avais pas le droit de me dégonfler. Comme tout ici est question de bleuf et d'esbroufe. J'ai mis le public de mon côté en les faisant m'acclamer. Je me suis assurée du soutien des femmes du dispensaire et j'ai engagé le combat sous les yeux médusé des invités.
<o:p> </o:p>Il a fallut se regarder dans les yeux et ne pas se quitter du regard, balancer ses hanches de gauche à droite et d'arrière en avant. Je la suivais, je la laissais prendre les initiatives et j'allais toujours plus loin qu'elle. J'avais le privilège de la jeunesse et le souffle de la sportive. Quand elle s'abaissait en rythme, je m'abaissais plus bas et je remontais plus vite sans faire un pas en avant. Quand elle mimait l'attaque du cobra, je la fixais et nos yeux se rapprochaient jusqu'à ce que nos nez se touchent. Je l'ai suivit dans toute ses danses et quand je l'ai sentie douter : « ALLEEEEEZ !!!! Et alors ??? ALLEEEEEZ !!!! » J'ai levé les bras en signe de victoire, j'ai exhorté les filles du dispensaire à applaudir encore plus fort.
J'ai fait un tour sur moi pour m'assurer que j'avais conquis le publique et je l'ai défiée.
<o:p> </o:p>Je me suis avancé en cadence, les yeux grands ouverts. Finit de rire, finit de la suivre, c'était un combat à mort et fallait que je gagne pour ne pas perdre la face. Elle a baissé les yeux et les invités ont envahi la piste et on m'a présenté la cagnotte: J'avais gagné !!! « Pour le dispensaire, pour l'honneur !! »
<o:p> </o:p>Le chef de famille à pris le micro et nous a fait un vibrant discours. Nous étions dorénavant perpétuellement invitées chez lui. Parce que l'âme d'une nouvelle Anita habitait cette maison et parce que nous avions prouvé que nous en étions dignes.
<o:p> </o:p>Pour rien au monde je n'aurais baissé les yeux mais ma prestation en plus de m'assurer le respect de ma partenaire/adversaire m'a permis d'acquérir aussi le respect des filles du dispensaire qui n'avaient jamais vu une coopérante se comporter ainsi. Après le baptême certaines sont même venues boire un « jus » à la maison, en voyant les photos de ma famille accrochées sur le mur, elles ont un peu mieux compris d'où venait mon caractère.
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