Fermez les yeux...
Je suis sérieuse, fermez les yeux...Fermez les yeux et visualisez, visualisez tous les préjugés que vous avez sur l'Afrique. Tous, absolument tous les préjugés :
Les grosses femmes en boubous multicolores qui crient sur les marchés mais aussi les enfants malnutries qui ne pèsent que quelques kilos ou centaines de grammes, les gamins qui jouent au foot dans la rue et les gamines qui charrient des litres d'eau sur leurs têtes, les odeurs, les pires comme les meilleurs, les taxis brousses aussi bondés que déglingués, les égouts à ciel ouvert et les bidonvilles, la mangrove et les palétuviers, les fruits exotiques, le riz pilé et le manioc, les gros 4x4 garés devant les maisons des fils de ministres véreux, le quartier des expatriés gardées jours et nuits par des gardes armés, les changements de gouvernement en fonction des saisons ou de l'air du temps, les gamins en guenille qui courent après les voiture, les pénuries multiples, eau, électricité, nourriture, les réfugiés mutilés, les enfants soldats mais aussi les ex-enfants soldats devenus infirmiers auprès des plus pauvres, les enfants qui meurent de l'appendicite, la chaleur et l'humidité, les marchés aux bestiaux bruyants et nauséabonds, la lenteur administrative et les flics véreux qui rackettent les chauffeurs de taxi, les routes jamais finies parce que les crédits ont été croqués par un ministre quelconque, les fillettes en bourca dès l'âge de six ans, les enfants qui vont à l'école en uniforme, les gris-gris et les marabouts, les bassines chinoises multicolores pleines de merveilleux fruits et de graines de cafés fraîches, des prêtres noirs habillés en blancs discutant avec des prêtes blancs habillés en noir, les chorales exubérante dans des églises bondés.
Visualisez, tout ce que l'on vous a dit, tout ce que vous avez pu lire ou rêvé de l'Afrique, retirez les animaux sauvages, parce que mise à part des chiens décharnés il n'y en a pas. Laissez cours à votre imagination, n'y mettaient pas de bornes, des cocotiers et des manguiers au fond du jardin, des souris, des fourmis, des cafards et des scorpions dans la cuisine. A la plus belle chose n'oubliez pas de rajouter la pire, n'oubliez surtout pas la pauvreté, l'extrême pauvreté
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Maintenant que vous avez bien imaginé, glissez dans votre rêve une missionnaire blanche avec des sandales de pèlerins et une bonne dose d'illusions. Ca y est, vous y êtes, vous êtes dans mon nouveau chez moi où le pire côtoie le meilleur....
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