Le premier avion pour la France
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Je ne pense qu'à ça depuis hier : A quelle heure part le prochain avion pour la France. Comment pourrais-je attraper le prochain avion en bout de piste ? Je ne sais pas comment je vais tenir deux ans. Les forces me manques.
Depuis deux jours je ne peux plus brancher mon portable, mon ordinateur et mon Ipod parce que une surtension a fait sauter notre stabilisateur et depuis hier soir a chaque fois que je touche un appareil branché ou un interrupteur, je prends le jus. Après quatre décharges électriques et un bras droit hors d'usage pour la soirée, je me suis mise à pleurer.
La France avec ses normes électriques et ses gilets jaunes me manque.
<o:p> </o:p>En arrivant ce matin à l'ambassade de France je me suis sentit mieux en voyant notre bon vieux drapeau. Mais lorsque la secrétaire chargée de l'immatriculation m'a dit qu'il fallait que je prenne rendez-vous et qu'elle ne pouvait pas me recevoir, je me suis mise à pleurer. Dans ce petit territoire de France, je m'attendais m'installer dans le salon réservé à l'accueil des expatriés et à ce que l'on me chante la marseillaise, mais il n'y a même pas de macarons et de champagne dans la salle d'attente.
Devant ma détresse cette brave agent de l'état m'a fait entrer dans son bureau et s'est occupé de moi. Elle m'a raconté ses premiers mois d'expatrié et les difficultés de son mari à ce faire à la lenteur du pays, elle m'a prise sous son aile et nous sommes allé manger avec son mari dans un restaurant français.
Son mari est électricien, il viendra donc vérifier notre installation dès samedi, pendant que je leur cuisinerais un bon petit poisson. Il sait où trouver des capitaines avec des œufs pour faire de la boutargue.
<o:p> </o:p>Je sens bien qu'il n'en faut pas beaucoup pour que je prenne le prochain avion pour la France mais chaque jour ici est une petite victoire. Je ne perd pas de vue ma mission, et c'est bien elle qui me fait tenir. Je pense au petit bébé qui venait de naître lorsque je suis rentrée l'autre jour à la maternité, je pense à cet enfant en pleine crise de palud aggravée que ses parents ont mis dans mes bras en disant docteur sauvez le, je pense aux orphelins tous habillés pareils et à Mimouna ma petite vendeuse d'œufs durs du marché forestier.
<o:p> </o:p>Je vais peut-être tenir deux ans, finalement...