Premières larmes
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Il fallait bien que ça arrive, les premières larmes ont roulées sur mes joues, vous me manquez ! C'est bête, la journée a pourtant été bonne. Nous sommes partir sur les îles en face de la ville et j'ai dû supporter l'attitude post-colonialiste du directeur du dispensaire. J'ai bien ri en les voyants arriver avec leurs ensembles décathlon et leur peaux blanches. Moi aussi j'ai la peau blanche mais je suis restée à l'ombre toute la journée. Y a que des belges pour passer toute une journée à la plage sans chapeaux, ni crème solaire. Je me suis un peu énervée parce qu'il ni avait pas d'ombre et qu'à 14h on a avait toujours pas mangé. Je suis donc restée dans les rochers à l'ombre des cocotiers. De toute façon, c'est bien connu j'aime pas aller à la plage, alors me faire partir à la plage un samedi alors que je suis fatiguée c'était l'échec assuré. Sous prétexte que nous devons former une équipe j'ai l'impression qu'il faut que nous pensions pareil et que nous nous aimions tous.
C'est connu aussi, je mets du temps à m'habituer aux gens surtout si je dois les supporter toute la journée. Le problème c'est que je vais devoir les supporter la journée, le soir et visiblement le week-end aussi.
<o:p> </o:p>Je disais que la journée avait bien commencée, pourtant. Nous avons embarqué toutes les familles des coopérants, des orphelins et des employées du dispensaire pour notre virée à la plage. A l'arrière du pick-up qui roulait à tombeau ouvert j'ai eu la joie de découvrir la capitale d'un des pays les plus pauvre d'Afrique. Le responsable de la mission et le responsable du dispensaire m'avaient bien prévenus : « Ne t'attend pas à voir une capitale comme en Europe ».
Parfois je m'interroge sur la fadeur de mes congénères. Ils croyaient peut-être trouver Bruxelles ou Genève en venant ici. Et bien non, ici les gens sont pauvres, ils vivent dans des bidonvilles, la plupart de leurs enfants meurent avant l'âge de 5 ans, mais ici, ils savent rirent, danser, chanter et profiter de la vie parce qu'elle est courte.
Après la plage avec ma colocataire nous nous sommes échappées sur le marché aux poissons. Rien à voir avec Rungis, je pense même que certaines normes d'hygiènes n'étaient pas respectée. En fait les poissons étaient posés à même le sol et les mouches se faisaient un bon festin. Nous en avons vu juste assez pour découvrir des dorades, des sols et des mulets avec des œufs. Nous avons demandé le nom des poissons en langue locale et dès lundi nous demanderons à un ami de nous en trouver, frais qui sortent de l'eau.
On ne se laisse pas abattre. Ce soir, j'ai des coup de soleil malgré les milles précautions que j'ai prise, les bières sont au frais, le gardien est allé nous chercher des chips de bananes et nous allons regarder un film de filles : Le journal de Bridget Jones.
<o:p> </o:p>Les larmes ont coulées mais je ne me laisse pas abattre.
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