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Un samedi en prison

Je dois bien dire qu'il y a une différence entre aller à la prison à dix avec les représentants d'une ONG et seule avec le père Roberto. Je me demandais ce que je pouvais apporter à ces malheureux, je me demandais ce que je pouvais bien faire pour eux, moi qui n'ai pas le pouvoir ni de les nourrir, ni de les soigner.

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Après la première visite, j'avais une certaine appréhension en entrant. L'image des corps décharnés m'avait poursuivit toute la semaine, je me souvenais de ses regards angoissés et perdus. Et pourtant ce matin dès notre arrivée j'ai bien sentit la différence. C'était comme rentre visite à de vieux amis. Derrière les regards j'ai vu les hommes.

Je me suis accrochée au col romain du padre et nous avons fais la visite des cales des malades et de la cale P6. Dans cette cale sont regroupés les prisonniers sans famille et sans appuis, Ils ne sont donc nourris que trois fois par semaine par les sœurs de la charité. Ils sont sous alimentés, galeux et aujourd'hui ça faisait plusieurs jours qu'ils n'étaient pas sortis parce qu'ils n'avaient pas pu payer les gardiens.

Chacun dans un coin de la cale, sans formation médicale mais avec un peu de bon sens, nous avons prodigués les premiers soins, les seuls qu'ils recevront. Par chance je ne suis tombée que sur des contusions et des furoncles, dans un cas comme dans l'autre, sans moyens il n'y rien à faire que d'attendre en souffrant. J'ai quand même l'impression que le simple fait de parler et de se faire masser le pied par une femme suffisait à alléger, un peu, leurs douleurs. La seule chose pour laquelle je ne pouvais rien faire, c'était la faim.

Après une longue négociation avec le capos, nous avons obtenus qu'ils puissent sortir et se laver, un moyen illusoire de lutte contre la gale. Avant de partir nous avons prier avec eux et en sortant ils nous ont souhaités bon courage.

Ils nous ont dit bon courage, à nous qui mangeons à notre faim (quoique le père ne mange pas toujours à sa faim), qui sortions vers l'air libre et allions dormir dans un bon lit. Quelle dérision !!!!

Devant un plat de pâte nous avons débriefé notre visite et préparer notre action, coup de poing, contre la gale : Nettoyer des cales à la javel, faire bouillir les vêtements, laver les prisonnier au savon et enfin les asperger d'ascabiol. Et soudain, le père me dit :

-Quelle misère !! Tu as vu celui qui avait le sexe rongé par la gale ???

-Non !!!! Non, mon père je n'ai pas vu et autant que faire ce peu je ne préfère pas. J'aimerai quand même préserver mes yeux de certaines images. Ces cas là, je vous les laisse après tout vous êtes un homme avant tout. Je sais que l'on s'habitue à tout mais faut pas déconner non plus.

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C'est vrai que l'on s'habitue à tout, sauf peut-être à l'impuissance.

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