A notre arrivée à Dakar nous avons tous gémit : « Je veux rentrer à la maison »
Mais quelle maison, où ce trouve notre maison. Est-ce le pays où l'on est né, où notre famille nous attend ou notre pays d'adoption que nous avons abandonné à son sort.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Comme des animaux apeurés nous nous déplaçons en meute. Nous avons tellement perdu aujourd'hui, il ne faudrait que nous perdions l'un de nous. Nous avons une ultime décharge d'adrénaline lorsque nous devons passer le dernier poste de contrôle. Le vin, charcuterie et le foie auront-ils le droit d'enter dans le pays. Un je vous salut Marie collectif plus tard nous sommes enfin sortis de l'aéroport avec des vivres pour tenir un siège.
<o:p> </o:p>Le coopérant qui est venu nous chercher a dût nous prendre pour des dingues. Complètement hébétés nous nous sommes extasiés devant les taxis et l'immeuble de ce riche pays. Il a bien essayé de nous expliquer qu'il n'y avait pas assez de place pour tout le monde dans son minibus mais il s'est heurté à une équipe habituée à voyager à 7 par voiture sans compter les poules, les bagages et les enfants. Trop contents de retrouvée une ambiance familière nous nous sommes serrés à l'arrière de la voiture. Il était hors de question de nous séparer pour prendre deux voitures.
<o:p> </o:p>Contrairement à ce que nous pensions nous ne seront pas logés chez les coopérant mais dans un couvent. Les familles d'un coté et les célibataires de l'autre. Les toilettes sont sur le palier et les draps sont rêches. Pour la première fois nous nous autorisons à pleurer devant les autres. Nous voulons rentrer chez nous...
Je développe un syndrome post traumatique relativement intéressant : Je refuse que l'on porte mes bagages. Mon sac à dos, mon ordinateur et ma guitare : Voilà tout ce qu'il me reste. Je refuse de les laisser dans les mains de quelqu'un d'autre, ce sont mes trésors.
<o:p> </o:p>Comme c'est quand même Noël, nous sommes invités chez les coopérants qui fêtent Noël avec leur famille et des amis Sénégalais. « Joyeux Noël, bienvenue ». Nous réprimons encore quelques larmes et nous réfugions dans un coin de la concession tous ensemble. Avant de nous installer nous veillons tout de même à nous placer sous une dalle en béton.
A force d'insistance de la part de nos hôtes, nous avons commencé à mange et retrouvé l'appétit. Depuis deux jours mis à part un canard immangeable, des pommes de terre pas assez cuites, deux boites de Pringles et une boite de bonbons haribo pour onze, nous n'avons rien dans le ventre.
<o:p> </o:p>Le poulet wolof nourrit les cœurs et les âmes : les rires reviennent et nous imaginons déjà notre retour au dispensaire. La fin de la fête est marquée par des pétards. Nous sursautons...
<o:p> </o:p>Il faudra du temps pour que les séquelles s'effacent. En plus d'être désocialisée maintenant je vais vivre avec ma dalle en béton portative sur la tête et sursauter à chaque bruit suspect. Dommage, j'étais une chic fille avant...