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Le départ

La nuit a été courte et le stress intense. A cinq heures tout le monde était réveillé et finissait les valises.

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Les choix sont déchirants, je laisse derrière moi des vêtements, des bibelots et pas mal de souvenir. Le directeur dirige les opérations d'évacuation, les mères sont toute les deux malades et vomissent depuis le début de la matinée, l'infirmière prend en charge les enfants en les faisant jouer, le médecin chef et moi gérons la fin des valises. Elle s'occupe de la chapelle et en particulier du saint sacrement et moi je fais une valise commune. Je ne pense pas que nous aurons un vol aujourd'hui, je me prépare à passer la journée et peut-être la nuit à l'aéroport. Un pack d'eau, a mangé en quantité, des jeux de société, des magazines, n'importe quoi qui puisse nous aider dans cette longue journée.

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Deux taxis sont venus nous chercher à 6 heures. L'angoisse est palpable chez tous sauf chez les enfants à qui on a dit que nous partions en vacances et qui sont ravis de continuer à jouer ensemble. Les bonbons arrivés de France par le père Noël font des heureux. Nous prenons quelques forces.

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Les taxis pleins à craqué quittent enfin la maison avec à leurs bords 4 enfants et 7 adultes épuisés. Le notre partout nous nous demandons s'il pourra monter la montée qui mène à l'autoroute. L'autoroute, c'est le lieu de tous les dangers, il faudra passer devant le camp Alpha. Avec difficulté nous arrivons sur l'autoroute, nous avons proposé de descendre et d poussé la voiture pour l'aider à monter. Pour détendre l'atmosphère le chauffeur ne s'encombre pas en allant faire demi tour au rond point suivant, il prend l'autoroute en sens inverse. Cinq blancs blanc dans un taxi bourré de valises à contre sens sur l'autoroute quelques minutes après le couvre feu, voilà un départ discret. Les quelques militaires en arme que nous croisons ne font pas trop attention à nous, ils ont l'air plutôt amusés mais très armés.

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A la demande du père Roberto nous consommons le saint sacrement sur le parking de l'aéroport. On fait quand même des trucs un peu dingues en cas d'urgence. « Les femmes, les enfants et le saint sacrement d'abord »

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Je vous passe l'attente interminable pendant laquelle nous ne savions pas si nous aurions un avion. « Vous nous donnerez deux ou trois je vous salue Marie de plus, s'il vous plait ». J'en peu plus de prier mais je dois bien avouer que c'est efficace, ça calme à peu près tout le monde.

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Du bout du terminal j'ai vu le sourire du directeur. Il tenait un morceau de papier déchiré dans sa main : notre billet d'avion. Oui, notre billet d'avion était un morceau de papier déchiré où était inscrit à la main : Billet pour 11 personnes. Ca c'est l'Afrique.

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Arrivés à la douane nous pensons être sauvés mais c'était sans compter sur les autorité locale corrompue jusqu'au trognon. « Pas de visa de sortie, vous ne sortez pas du pays ». L'angoisse monte à nouveau, le directeur disparaît dans les bureaux du chef de la douane. J'ai envie de hurler : « Laissez nous partir bande de dingues, on veut partir de ce pays pouilleux une bonne fois pour toute » mais la femme du directeur s'effondre dans mes bras.

-Qu'est-ce qu'ils vont lui faire ? On ne sait jamais ce qu'il se passe dans ces bureaux.

-En fait dans le bureau il y a du champagne, des petits gâteaux et des serveuses topless, c'est pour ça qu'ils ne veulent pas que nous rentrions. Tu veux un Pringles ?

J'étais morte de trouille.

Une tournée de Pringles, une poignée de minutes et une liasse de billets plus tard il était de retour avec nous.

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A force de vivre dans un pays où la loi est un accessoire même pas à la mode j'ai un peu oublié les règles de sécurité, comme les trucs interdits dans les avions

-Tu crois qu'ils vont me laisser passer ma bouteille d'eau ?

-Oui, pourquoi ?

-Parce qu'on a plus le droit de passer de liquide, en plus tu as vu les devises sont limitées à 100 000Frs

-Ah ! C'est triste, j'ai deux bouteilles de vins et plus d'un million dans l'étuis de la guitare

-Allez, un je vous salue Marie supplémentaire.

-A force de demander des coup de main là haut on va se faire engueuler.

De l'autre côté des rayons X, une dame était contrainte d'ouvrir toutes ses serviettes hygiéniques pour raison de sécurité. A moitié déshabillée elle accusée les douaniers de n'en vouloir qu'a son argent et les menaçait d'aller se plaindre un quelconque colonel. Nous avons profité de la confusion pour attraper nos sacs et partir nous réfugier, ni vues ni connues, dans un coin de la salle d'embarquement.

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Nous sommes saufs, nous avons des billets d'avions, un toit en béton sur la tête, la charcuterie, le vin et le foie gras pour fêter ça j'achète des Pringles à 20 000frs (une fortune) pour tout le monde. C'est ma tournée.

Les autrichiens profitent de ce havre de paix pour se disputer. Elle veut rentrer immédiatement chez elle en Autriche et ne plus remettre un pied dans ce foutu pays.

Mes frères m'appellent tour à tour pour me maintenir le moral hors de l'eau et m'assurer du soutien de toute la force de feux de la Corse en cas de besoin. Des grands frères, c'est quand même bien.

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L'avion à du retard ce qui nous stress légèrement, nous compensons en soutenant la production mondiale de Pringles. Au moment de l'embarquement le responsable à bien voulu nous prendre encore un petit billet avant de partir mais en regardant nos yeux furieux il y a renoncé. Je pense que nous aurions pu l'occire à la petite cuillère. Nous sommes à bout de nerf.

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Même dans l'avion lorsque le steward nous demande de mettre notre ceinture nous sursautons. Nous sommes, fatigués, nous sommes usés mais nous sommes en sécurité.

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En passant au dessus de Saint Cyprien nous versons quelques larmes. Nous laissons derrière nous, notre pays adoptif, nos amis et le père Roberto.

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