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Course d'orientation

Après deux jours à Dakar la vie s'installe doucement. Les coopérants sénégalais et leur famille sont partis quelques jours en nous laissant leur maison, les inconscients.

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Pour éviter qu'ils ne retrouvent leur maison démontée pierre par pierre nous nous sommes débrouillé pour éloigner les autrichiens et leurs jumeaux hyperactifs.

Nous dormons et dînons chez les sœurs. Nous nous douchons à l'eau froide aussi, chez les sœurs.

Je les aime bien les « sœurs dégaines ». Elles passent leur journée devant des saops brésiliens. Et oui, la nonne sénégalaise est sentimentale. Le soir, ce doit être le seul couvent au monde où on se fait des plateaux télé devant Dallas. Elles sont formidables, elles ont un cyber café et mangent des frites à tous les repas. Religieuse dans ces conditions, moi je dis : ça s'étudie.

La journée nous nous occupons comme si nous étions en vacances et le soir nous avons l'apéro chez les coopérants en surfant sur internet. Sauf hier parce que nous avons cassé la clé dans la porte.

On peut dire qu'il y a quand une différence entre leur mission et la notre. On ne peut pas vraiment dire qu'ils vivent dans un bidonville même s'ils sont dans les quartiers pauvres. Même les quartiers riches de chez nous, ils ne ressemblent pas aux quartiers pauvres de Dakar. On s'aperçoit qu'on vit vraiment dans la misère la plus crasse. En parlant de ça, aujourd'hui j'ai vu un vrai camion poubelles, le premier depuis trois mois.

On prend conscience de la misère de notre pays, particulièrement les autrichiens. Ils semblent revivre. Ils font plaisir à voir mais je me demande s'ils vont pouvoir rentrer dans des conditions aussi difficile.

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Profitant de mon passage dans une ville civilisée, en bonne hypocondriaque, je décide de me faire faire un bilan. En fait, je suis fiévreuse depuis deux jours et vu le nombre de moustique, je crains un palud.

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Me voilà donc partie à l'ambassade de France, mon phare dans ma nuit d'expatriée. Je prends deux bus en me trompant de direction sous les bonnes indications de passagers. « Ils ne peuvent pas la fermer quand ils ne savent pas ». J'arrive enfin devant un panneau qui me dit que l'ambassade n'est pas ici mais rue Mage. « Et la rue Mage, elle est où ? ». Trois tours de pâtés de maisons plus tard je trouve l'ambassade. Une longue queue attend à l'entrée, j'avise un planton local

-Bonjour, le centre médical de l'ambassade, s'il vous plait.

- Là-bas, un peu devant à gauche (Il me fait signe de la main droite)

-Vous ^tes sur ?

-Oui, vous descendez et vous demandez à quelqu'un qui connaît mieux.

Comme je suis en terre étrangère, je m'exécute. Encore deux tours de pâté de maisons. La fièvre monte, la queue devant le bâtiment s'est considérablement allongée, je retourne voir le planton.

-Ecoutez, je suis citoyenne française, réfugiée politique, ça fait une semaine que je n'ai pas dormi, j'ai un palud et je veux aller au centre médical de l'ambassade.

-Je ne connais pas (Son chef arrive)

-Il n'y a plus de centre médical, il faut aller au centre de la marine française.

-C'est où ?

- Alors, ce n'est pas loin, un peu devant comme ça. Vous descendez, vous tournez à droite (il me montre sa main gauche) et ...

Sans lui laisser finir sa phrase, j'ai hélé un taxi et je suis allée au centre de la marine française.

Comment voulez vous que l'Afrique s'en sorte ils ont un problème de latéralisation.

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Le centre de la marine française, je dois bien dire que l'ambiance était tout autre. Ambiance coloniale, genre Indochine avec Vincent Perez. Bon, les marins français ne sont plus vraiment ce qu'ils étaient. Je me demande comment ils peuvent avoir autant de ventre sans être licenciés sur le champ. Le prestige de l'uniforme en prend un coup. Comme le gentil médecin chef n'avait pas les moyens de me pratiqué les analyses dont j'avais besoin il m'a confié à un de ses collègues d'une clinique libanaise.

Le top de la classe : ascenseur en cage de verre, cafétéria sur le toit avec vue sur la baie de Dakar. Comme j'avais deux heures d'attente avant mon rendez-vous je me suis mise devant la télé de la cafétéria bien calée dans un fauteuil club. Le pur bonheur. J'ai tellement bien dormi que j'avais un fil de bave qui coulait le long de ma joue quand la serveuse est venue récupérer mon Pespi light. AH ! un Pespi light, trois mois sans produit light, l'horreur.

La clinique est tellement chic qu'avant de savoir si tu as des amibes ou le vers solitaire ils te donnent un jolie peignoir rose pour que tu sois à l'aise pendant l'examen. Quand je pense qu'Ana voulait que je mette mes scelles dans une boite d'allumettes pour faire un examen au microscope du dispensaire. Même si ça revient au même je préfère la méthode libanaise. Luxe, calme, volupté et examen de scelles.

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Pour revenir j'ai encore dus déjouer les pièges des gens à qui je demande mon chemin et qui m'indiquent une fausse route plutôt que d'avouer qu'ils ne connaissent pas le nom de cette rue. Ah ! Pour perdre les pauvres blanches malades ils sont fort mais pour organiser des élections démocratiques, là y a plus personne. Bravo !!!

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