La nuit dernière comme une sorte de prémonition je me suis promis : « Si je rentre je tutoie le père Roberto et je l'appelle Toto pendant une journée entière ».
Je tiens à précisée que c'est lui qui me demande de le tutoyer, concernant son surnom c'est pour l'embeter parce qu'il m'a manqué et que je croyais que je ne le reverrai pas.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>J'avais prédis un embrasement de ce pays. J'ai dit qu'il faudrait un miracle pour que le sang ne coule pas. Je n'ai pas une seule seconde pu imaginer que le coup d'état passerait comme une lettre à la poste. Il faut croire que j'avais tord. La situation est normalisée. Le coup d'état commence à être reconnu et la communauté internationale à mieux à faire au moyen-orient.
<o:p> </o:p>Ce soir le directeur du dispensaire nous a tous réunis pour nous poser une question : « Etes vous prêt à rentrer ? » Chacun notre tour, non sans peser l'importance de notre réponse, nous avons répondu. Nous avons tous émis le souhait de rentrer pour le réveillon sauf les autrichiens. Ils avaient des problèmes de couple avant, la difficulté de la mission ne les a pas arrangés et la situation politique ne va pas les aider non plus. Nous sommes arrivé à 11, nous nous apprêtons à repartir à 7.
<o:p> </o:p>Je dois dire que moi aussi j'ai envisagé à rentrer en France. Je trouver à douceur de ma famille pour les fêtes. Je sais que je n'aurais pas de mal à trouver un boulot et je n'aurai qu'à mettre mon locataire dehors pour récupérer mon appartement. Je retrouverai mes amis, mes amours et mes emmerdes. Oui, j'y ai pensé, parce que la mission est parfois trop difficile et que j'ai eu très peur le soir du 24 décembre. Une seconde, j'ai cru que nous ne nous en sortirions pas.
Mais là-bas, dans ce pays si hostile il y a 90 000 malades qui attendent d'être soignés en 2009. 90 000 personnes, qui n'ont pas les moyens d'aller à l'hôpital et de se soigner. Ce n'est pas leur gouvernement qui va les aider, pas dans un premier temps en tout cas. Si nous renonçons à cette mission, nous les abandonnons. Que vont devenir nos crevettons : Mohamadi, Alpha, Binta, Fatoumata,... ?
<o:p> </o:p>Alors j'ai pris la décision de repartir de me battre à nouveau pour eux. Et peut-être que nous seront de nouveau rapatriés mais nous aurons essayé au moins.
<o:p> </o:p>Ce soir un gars d'une autre OGN m'a demandé ce que l'on pouvait espéré pour ce pays. Je ne sais pas. Je ne suis pas du tout sur que ce coup d'état militaire soit une bonne chose, en tout cas pour l'instant la population peut compter sur nous.
Et puis il fait froid en France, je n'ai pas envie de rentrer maintenant, au mois d'avril peut-être.