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Dalaba

Je dois bien que la mort de Fanta m'a bien retournée. La fatigue aidant, j'ai frisé le burn out. Heureusement que le père Noël est arrivé. Il était vraiment tant que la civilisation revienne faire un tour du côté de chez moi. Je crois que j'avais fini par détester ce pays qui sacrifie ses enfants sur l'autel de la bêtise. J'avais besoin de réapprendre à aimer ce pays comme aux premiers jours. Au fond de la hotte j'ai retrouvé des gestes simples, de la tendresse, de l'amitié et même un peu d'amour, tout ce dont je manque cruellement ici.

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« Tu te souviens de l'époque où tu ne parlais pas aux gens que tu ne connaissais pas ? » m'a dit le père Noël en montant dans le taxi.

« Bien sûr que je m'en souviens. C'était à l'époque où je pensais qu'il suffisait d'aimer les gens pour les rendre heureux, c'était l'époque où je croyait que l'on pouvait sauver les enfants juste si on y mettait tout son cœur, c'était l'époque j'y croyais encore. Maintenant, je parle aux gens que je ne connais pas, je parle peulh, je marchande la course des taxis collectifs, je négocie les bakchichs aux check point mais je n'y crois plus... »

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Après un week-end mouvementé en émotions, nous avons décidé de prendre le premier taxi pour la campagne et de partir trois jours à l'aventure. Bon le père Noël est un vieux monsieur, il dit qu'il a passé l'âge de prendre les taxis collectif nous avons donc payé les quatre autres places pour pouvoir être seuls.

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Nous avions choisit un simple aller-retour sur Dalaba parce qu'il parait que c'est vraiment très beau et qu'il faut absolument y aller. Bon, en fait, il n'y a rien à voir à Dalaba. Deux jours de trajet à l'aller dans des taxis hors d'âge, des disques vertébraux en miette et un gros mal de tête. Sur la route on s'est arrêté dans une ville où il y avait des vautours partout sur la place du marché et où nous avons été arrêté de manière musclée par le syndicat des taxis parce que le notre ne s'était pas acquitté de la taxe. On s'en est sortit parce que dans la conversation j'ai glissé que je bossais au dispensaire et que même là, le chef du syndicat nous connaissait. Et puis, à l'hôtel il y avait un gars qui faisait le tour de l'Afrique avec des copains mais ils s'étaient disputés la veille a cause d'une histoire de fille donc ils s'étaient séparés et le gars il avait un peu peur de continuer tout seul.

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Le lendemain, sur la route on a vu des vaches en divagation, des clémentines et des pins, ça m'a rappelé <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Corse">la Corse</st1:PersonName> avec nostalgie. A midi nous avons mangé dans un bouchon lyonnais qui n'avait de bouchon lyonnais que le nom, et nous avons passé l'après-midi à chercher un musé afro-américain. Nous l'avons enfin trouvé en fin de journée. Dommage, il était fermé.

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Finalement, nous avons dormit chez sœur Célestine qui avait préparée un gâteau pour la dernière soirée de quatre élèves infirmière venues donner un coup de main pendant trois semaines. C'est comme elle que je serais rentrée si je n'étais restée que trois semaines. Ravie d'une expérience riche et haute en couleur. Dommage que je ne me sois pas arrêtée là.

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Ca m'a quand même fait du bien de voir de nouvelles têtes et de prendre le frais dans la montagne. Loin des bruits du bidonville et de la pollution de la capitale. J'ai quand même découvert un coin de ce pays que j'aime bien parce que j'y ai de bon souvenir et de francs fous rires avec le père Noël.

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