Après deux jours de voyage et une journée à chercher le musée afro-américain, il nous a bien fallut rentrée à la maison. Inutile de chercher la gare des bus, ou la station de taxi, il suffit de crier sa destination à chaque taxi qui passe à tombeau ouvert dans le village. Quand enfin un taxi s'est arrêté devant nous le père Noël à refusé de monter dans la 505 hors d'âge avec les vieilles, les enfants et les poules sur le toit. Il est un peu délicat, cet homme.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Un homme qui assistait au manège a proposé d'appeler son cousin qui avait un taxi potable. Effectivement le taxi était potable mais j'ai faillit vomir tripes et boyaux tellement il conduisait vite dans les virages. Diplomate, le père Noël lui a dit : « Vous aimez conduire, ça ce voit mais vous pourriez pas conduire moins vite, madame est malade ».
Sans succès, nous avons décidé de changer de taxi à la prochaine ville.
<o:p> </o:p>Dans le taxi suivant, non seulement j'étais malade mais le père Noël avait peur donc nous avons décidé de changer de nouveau de taxi.
<o:p> </o:p>Le dernier taxi nous avait été conseillé par un sculpteur chez qui nous avions fait des emplettes.
-Vous pouvez lui demander de conduire doucement ?
-Y a pas de problème, monsieur
Je crois que le prochain qui me dit « Y a pas de problème », je lui fait arrache le cœur à la petite cuillère.
Ce taxi là, était le pire de tous. Au début nous sommes resté stoïque en nous disant que si notre jour était venu, nous serions mort un peu plus tôt dans la journée avec l'un des taxis précédents. Tout de même quand il déboulait dans un village à toute allure en frôlant les enfants et les mères de familles nous poussions, quelques : « Holà ! Attention, moins vite chauffeur ». Outre sa tendance à faire du gymkhana entre les piétons ce brave taxi ne tenait aucun compte de l'état de la chaussée et passait à toute vitesse dans tous les trous du pays.
Finalement, ce qui devait arriver, arriva : « Attention, les trous ! ». Crack !
J'aurais voulu ignorer que ce bruit, me dire que c'était normal que la roue de mon côté fasse ce bruit mais le vent de panique qui à soufflé dans le regard bleu de mon compagnon de voyage m'a enlevé toute illusion. Le chauffeur lui n'a pas bronché et a continué à se prendre les trous suivants au mépris des protestations de ma roue.
<o:p> </o:p>-Il reste 115 km, tu crois que ça tiendra ?
-...
-Tu pourrais répondre au moins, me donner un petit espoir.
-...On est foutu, ça ne tiendra jamais, il est fou...
La nuit tombait, les phares ou plutôt le phare éclairait de plus en plus mal les enfants sur le bas côté et il roulait de plus en plus vite malgré nos protestations. Un chapelé de taxi en panne déversaient leurs passagers sur la route au milieu de nulle part. Nous ne pouvions pas prendre le risque de changer de taxi ou de finir la nuit sur le bas côté.
Un bus à quitté la route sans dommages, sauf pour le pare choc arrière. Le bruit de la roue s'intensifiait et les kilomètres ne défilaient pas. 90km.
Soudain, le taxi fait une embardait en voulant éviter un père et son fils sur un vélo. Le cyclistes pour sauver leurs vies se jetèrent dans le fossé, le taxi leur a crié dessus et mon sang n'a fait qu'un tour : « Mais vous êtes complètement dingue. On vous dit de ralentir, vous avez faillit les tuer » Silence, il ne ralentit pas. « Tu sais combien ça vaut la mort d'un homme dans un accident de voiture ? C'est dix ans, dix ans de prison à la prison centrale. Si j'étais toi j'y réfléchirais, parce que moi, je ne voudrais pas passer une journée. » Silence. « Bon, l'avantage c'est que je viendrais te voir le samedi matin. »
Quand je me suis enfin rassise j'ai vu un lumière étrange sortir du côté de la voiture : « Heu, je ne voudrais pas plomber l'ambiance mais il y a des étincelles sous la voiture ».
Pour alléger la roue je me suis mise sur les genoux du père Noël, comme ça ne suffisait pas il est passé devant avec un autostoppeur que nous avions secouru. Comme ça ne suffisait toujours pas je me suis accrochée au siège avant pour que tout le poids soit sur l'avant. Le chauffeur, il ne comprenait pas bien pourquoi on faisait ça. Visiblement, il n'avait pas bien compris la corrélation entre les trous et les craquements de la voiture. Nous avions beau lui dire de ralentir et de faire attention, il ne déviait pas d'un millimètre son itinéraire.
De kilomètre en kilomètre, de jet d'étincelle en jet d'étincelle nous sommes arrivé au check point d'entrée dans la capitale. Normalement, au check point, tout un chacun se fait un peu discret. Et bien Fangio, non ! Il a remonté la file par la droite et bien sûr nous avons été arrêté.
Comme il est employé par un béret rouge, un phare en vrac et qu'il n'avait pas ses papiers, il a commencé par s'engueuler avec le policier. Les bérets rouge et les policiers ce sont tirés dessus en juin dernier, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'aiment pas beaucoup. Evidemment l'autre il n'a pas apprécié alors il nous a demandé nos papiers.
Il faut s'avoir que mes papiers ne sont pas en règle parce que je n'ai pas de carte de séjour. L'évêque a demandé une dérogation pour les membres de la mission catholique mais le ministre a était limogé deux depuis deux mois, alors nous n'avons toujours pas nos cartes de séjour.
-Votre carte de séjour ?
-Et bien, il n'y pas de carte de séjour pour les membres de la mission catholique. (Je promets de confesser ce mensonge à la première occasion)
-Ha oui, c'est vrai. Vous êtes médecin au dispensaire ?
-Oui, c'est ça. (Je confesserai celui-là aussi)
<o:p> </o:p>Finalement, nous avons lâché un billet et nous sommes repartit. J'ai quand même profité pour appeler mon père et lui souhaiter bon anniversaire. « Allo Papa, je suis à un check point, ça ce passe mal. Joyeux anniversaire, je pense très fort à toi »
<o:p> </o:p>Pour les treize derniers kilomètres le chauffeur avait le choix entre deux itinéraires : Une autoroute qui vient d'être refaite et un piste en terre défoncée. Et quel itinéraire à choisit le chauffeur le plus bête de la création ?
<o:p> </o:p>J'ai cru que nous n'allions jamais y arriver. Il s'est quand même arrêté quand la voiture a menacée de décéder sur place. Dans un trou gigantesque, un craquement plus sordide que les autres l'a stoppé net.
Moi : Et bien, elle à pas l'air bien la roue. Elle n'a pas l'air à sa place.
Le père Noël : Il a cassé la barre qui maintient le train arrière
Moi : Ah !
Le chauffeur : C'est pas grave, en route
<o:p> </o:p>Arrivée à la maison, j'étais un peu déçu d'être arrivée entière et à bon port.
<o:p> </o:p>En racontant ce voyage, je suis de mauvaise foi parce que les paysages étaient super. Les cases traditionnelles comme dans tintin au Congo, les femmes avec les paniers de fruits sur la tête et les bébés au dos. Le camion sur chargé avec des vaches dans le coffre et des poulets sur le toit. C'était vraiment super, j'ai hâte d'y retourner.