Chaleur écrasante, militaires sur le tarmac et douaniers brutaux : aucun doute nous sommes revenu à la maison.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>La brutalité du pays nous revient en pleine face. A Dakar nus avions oublié les mauvais cotés du pays. Malgré le coup d'état rien n'a changé.
<o:p> </o:p>Un douanier nous arrêtes net, nous n'avons pas de visa de sortit donc nous ne pouvons pas entrer dans le pays. Comme le dernier paradis fiscal à la mode l'entrée dans le pays est un véritable parcours du combattant en temps normal, aujourd'hui c'est pire. Comme nous sommes sortis sans visas de sortie, nous ne pouvons plus rentrer.
<o:p> </o:p>Nous tentons notre carte joker habituelle, le dispensaire, mais le douanier ne veut pas en entendre parler. Il nous intime l'ordre de nous taire, nous sommes en fraude, il veut nous renvoyer par l'avion ou nous bloquer dans la salle de transit.
<o:p> </o:p>Il a fait un stage d'un mois à Roissy il y a vingt alors il a l'impression d'être un polytechnicien des frontières. Nous argumentons, notre peur le jour du départ, le besoin de rouvrir le dispensaire, les pauvres, rien a faire : nous sommes des criminels qui veulent entrer illégalement dans le pays. Il confisque nos passeports.
Le directeur du dispensaire est emmené dans un bureau. Sa femme livide me demande à ce qu'on lui rende son mari. Je n'ai pas la fore de la faire rire. Nous restons en silence.
Dans nos regards le doute : avons-nous bien fait de rentrer.
<o:p> </o:p>Je boue intérieurement : « Qu'il le garde leur putain de pays pouilleux et que nous rentrions chez nous. S'ils sont plus fort que tout le monde : qu'il garde leur coup d'état, leurs militaires et leurs malades. »
Un amer sentiment m'envahie : Je déteste ce pays.
<o:p> </o:p>Après près plus d'une heure de palabre, le directeur est bousculé et jeté à l'extérieure du bureau. Ils ne nous rendrons pas nos passeports aujourd'hui, nous devrons les récupérer dans deux jours au service de l'immigration. L'ambassade ne peut rien pour nous, nous sommes dans l'illégalité.
<o:p> </o:p>A cause des visas d'entrée et de sortie nous serions bloqués dans le pays en cas de nouveau troubles. « Nous n'aurions pas dut rentrer »
<o:p> </o:p>Nous sommes sans passeport mais libres, nous rentrons à la maison. Les rues sont pleines de militaires armés jusqu'aux dents, la ville est toujours aussi sale, nous allons devoir faire de gros efforts pour réapprendre à aimer ce pays.