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Marie-Maryama

 

Depuis quelques jours, je suis aux aboie. En effet, le bateau qui transport mon container de médicaments a 6 semaines de retard et je commence à être en rupture de stock de médicaments essentiels comme la Nivaquine. Plus de Nivaquine cela signifie soit que j'arrête de soigner un certaine nombre d'enfants ou que j'en achète au risque de faire exploser mon budget. Evidemment l'une et l'autre des solutions sont totalement inenvisageables. L'ultime solution s'est des faire dédouaner mon container en 10 jours au lieu des trente nécessaires habituellement.


Pour ce faire, ce matin le directeur du dispensaire et moi sommes partis en délégation voir la Directrice Nationale de la Pharmacie Centrale, en fait elle doit mettre un tampon sur notre visa d'importation. C'est étrange, le ministère de la santé et de l'hygiène est le seul endroit de ce pays à sentir le St Marc senteur pin de Landes. Ca sent tellement qu'on peu dire même que ça pu le St Marc, c'est une infection.

Au premier étage ou fond du couloir nous avons vu la secrétaire de madame la DNPC, elle a pris notre dossier en nous disant que nous avions de la chance parce que le dépôt des dossiers ne se faisait que le lundi.

C'est qu'il doit y en avoir tous les jours des containers de médicaments qui se balade dans le port. Il faut dire qu'elle ne s'occupe que des containers de médicaments importés par des ONG, donc essentiellement nous parce que nous sommes le plus gros centre de santé primaire du pays. Bref deux fois par an on la dérange pour signer un papier.

Elle nous a bien expliqué que le traitement des dossiers se faisait que le mardi et le mercredi, la signature le jeudi et le retrait le vendredi. En cas de problème nous dans le dossier il faudrait revenir la semaine suivante. Elle en a profité pour nous demander 15000 francs ou une ramette de papier en dédommagement du papier utilisé pour le traitement du dossier.


A ce moment, j'ai vu le responsable du dispensaire rougir de colère – Il refuse de payer des pot de vin, c'est une question de principe- Quand j'ai sentit que ça allait déraper et que je n'aurait pas mes médicaments, j'ai sortit mon armes secrète, le copinage.

- J'aime bien votre complet, c'est du basin ? Vous pourriez m'obtenir le visa pour vendredi, s'il vous plait ? 

- J'aime bien le votre aussi, le motif vous va bien. Je peux le faire, pour vendredi fin de matinée.

-OH !! Ce serait vraiment formidable, vous savez je suis en rupture de stock de Nivaquine et j'ai très peur pour les petits enfants. Vous avez des enfants ? Ils sont tellement beaux les enfants. Vous vous appelez comment ?

-(Nom et prénom incompréhensibles), mais tout le monde m'appelle Mama.

-Tu vas me donner ton numéro de téléphone Mama et je t'appel jeudi pour savoir si le visa est prêt pour que je puisse le récupérer vendredi et avoir mon container la semaine prochaine.

-J'enregistre immédiatement ton dossier pour qu'il soit prêt à temps.

-Ah !! Vraiment, merci, merci beaucoup pour les enfants, Mama.

-(Au directeur) Elle au moins elle a compris, les femmes sont plus intelligentes que les hommes.

C'était une excellente idée de mettre mon nouveau boubou (ou complet). Nous sommes partit en espérant que Mama tienne sa promesse. Le boubou, voilà une belle arme secrète.

En sortant du ministère nous avons croisé deux français qui visiblement ne vivent pas de pauvreté avec leur frères africains. Du haut de leurs talons de douze centimètre et avec leur robe du comptoir des cotonniers elles mon toisées de haut en bas. C'est sûr le boubou pour faire la belle en ville, ce n'est pas l'idéal mais pour sortir les médicaments à temps...


Lorsque je suis arrivée au dispensaire tout le monde attendait des nouvelles du container mais elles ont essentiellement parlé de mon boubou, elles étaient très fières que je porte l'habit traditionnel. Nom nouveau surnom : Marie-Maryama Fofana

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