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Moment difficile

Il arrive toujours un moment où l'écriture est plus difficile, un moment où les mots manquent. Au début tout est facile on décrit son quotidien, la beauté des paysages et la difficulté de la vie. Mais très vite les mots manques, les mots me manque pour décrire mon  angoisse de ne pas arriver jusqu'au bout. Mon inquiétude de ne pas être à la hauteur. Si petit à petit je faisais mon nid serais-je capable de vous expliquer à quels idéaux j'ai dût renoncer pour cela, à quels compromis intellectuels j'ai dût me rendre.

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Car ici il n'y a pas d'alternative, l'alternative c'est pour les riches, ceux qui ont le choix, ici ça passe ou ça casse. Où j'accepte mon travail de fourmis inutile où je fais mon balluchon et je rentre chez moi. Mais comment accepter un travail de fourmis inutile devant une telle misère, une telle détresse. Du travail, j'en veux, je suis venue pour ça et je ne rechignerais pas à la tâche, mais je n'accepte pas inutilité. Je ne veux pas rester les bras balans devant la souffrance. Je veux pouvoir donner un coup de main moi aussi, je veux être utile...

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Je veux, je veux, je veux,... Voilà bien une réaction de môme pourrie gâtée par la vie. « Je veux et j'exige ». « Je veux être utile, alors donnez moi des pauvres à aider ».

Ca ne marche pas comme ça. J'ai fais don de moi, don de deux ans de ma vie. C'est deux années là ne m'appartiennent plus. Est-ce qu'elles seront utiles ou pas, je n'en sais rien, et peut-être ne le serais-je jamais. La seule chose que je sais c'est que pendant deux ans 160 000 malades prendront les médicaments que j'aurais commandés, réceptionnés, comptés, étiquetés, rangés et préparés.

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Ce que je ne vous dit pas depuis quelques jours c'est que je ne suis pas cachée dans ma pharmacie toute la journée. Pour aller dans la salle de stockage je dois traverser la salle d'attente de la salle de soin. Je ne sais pas si je suis plus gênée par l'odeur que par la vue. L'odeur c'est l'odeur des bactéries, de la chaire brûlée et de la décomposition, la vue ce sont de petits enfants brûlés avec des plaies béantes. J'avais oublier les cris, parce qu'ici, pas d'anesthésiant, on travail à l'ancienne, les enfants serrent les dents.

Le lundi, pour ravitailler la salle de soin je dois y entrer. C'est ma hantise, parce que tout ce que je veux ignorer pendant la semaine mais que j'imagine en passant dans la salle d'attente, tout ce que je veux ignorer, je le vois.

Nous sommes samedi, les images de lundi dernier me hantent toujours.

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Il arrive un moment où l'écriture est plus difficile parce que les mots ne suffisent plus

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