Je m'y étais engagée, je l'ai fait : Le costume de saint Nicolas.
Mercredi j'étais allée cherche un chasuble rouge du père Roberto pour l'essentiel du costume. J'ai eu un peu honte de lui demander mais il m'a répondu que c'était un cadeau d'une paroissienne et qu'il était hors de question qu'il la porte parce qu'il la trouvait horrible. « Bon dans ce cas ».
J'ai fait la mitre dans du carton et pour la barbe j'ai cousu du coton sur une compresse. Il a fallut que je me dépêche parce que c'était samedi et que le samedi j'ai prison.
Heureusement à la pison nous n'avons pas eu beaucoup de boulot. Les plus mal en point avaient disparus. Nous espérons que c'est une grâce présidentielle parce que le régisseur à nier les propos du prisonnier que j'ai vu au dispensaire en milieu de semaine. Si ce n'est pas une grâce présidentielle, c'est qu'ils sont morts et ça ce n'ai pas vraiment envisageable. Ce sont des barbares mais je ne les vois quand même pas tuer de sens froid les plus malades.
Il a quand même fallut insister un peu pour pouvoir rentrer dans la cale malade. Ils avaient raison de nous empêcher d'y aller parce que nous avons pu constater que la cale P6, celle de ceux qui ne sont pas encore jugés, avait était déclarée cale malade et que les plus gravement atteints avaient remplacé ceux de la cale malade qui avait disparus dans la semaine.
Finalement comme il restait de la place dans la P6 ils y ont mis d'autres malades des autres cales, la cale tuberculose par exemple.
L'avantage de ce mixe c'est que ça accélère le processus. Normalement chaque cale à sa propre maladie de peau ou pulmonaire. Par exemple dans la cale malade il y avait la teigne et dans la P6 la gale. En mélangeant les trois cales dans un mois ils auront tous la gale, la teigne et la tuberculose. C'est ingénieux, il fallait y penser.
Après la prison nous avons rejoint mes co-missionnaires pour la saint Nicolas. Nous avons chanté des chants de Noël. Ca nous a quand même fait beaucoup de bien ces chants de Noël. Ca nous a rappelé la maison, la famille, la solitude, un vrai bonheur. Mais ça nous a aussi rappelé que nous étions comme une famille aussi et que nous pouvions compter les uns sur les autres.