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Tribunal

Cette semaine est vraiment une semaine bizarre. J'ai vraiment hâte qu'elle se finisse. Ce matin comme tous les matins j'ai couru partout pour livrer tous les services en médicaments et en matériel j'ai demandée officiellement à la maternité si elles jouaient aux fléchettes avec les aiguilles et je leur ai donné un avertissement oral. Je donne toujours un premier avertissement oral parce qu'elles n'avaient pas vraiment l'habitude d'être autant contrôlées. Le prochain avertissement sera écrit et le suivant sera une lettre de licenciement. J'ai fait comme ça avec la pharmacie et la consommation de médicaments a bien diminuée. La laborantine a elle aussi pris sont premier avertissement. Elle au moins elle n'a pas niée.

-Tu peux m'expliqué pourquoi tu a 20 examens et pourquoi tu as distribué 25 comprimés ?

-Ah ! Je ne sais pas. C'est peut-être les souris.

-Tu as raison, les souris ont fait un petit examen de scelles dans leur laboratoire de souris, elle se sont aperçue qu'elles avaient besoin d'un vermifuge et elles ont volé le Vermox.

-Ah ! Tu sais, c'est ça ici les médicaments des fois disparaissent.

-Oui, je sais que c'est ça ici. Si je m'aperçois encore une fois d'une disparition j'en connais une qui va disparaître aussi et ce n'est pas une petite souris.

A dix heures je m'assois enfin dans mon bureau pour travailler. J'étais assise depuis deux minutes qu'Awa vient me voir en courant. « Malik a était amené par la police, il est en prison. » Malik c'est notre idiot du village. Une demi douzaine d'employés du dispensaire était devant ma porte : « Il faut aller le chercher, il s'est disputé avec une marchande. ». « La marchandise est tombée, les gardiens l'on indemnisée mais elle est allée cherché les policiers ». « Pour le libérer ils veulent 20 000Frs ».

Et me voilà partie pour aller chercher notre Einstein. En arrivant au commissariat j'étais précédée par un garçon véhément qui parlait en langue locale avec le commandant. Très vite j'ai compris qu'il parlait de Malik, il était le représentant de la famille. Il l'accusait d'avoir battu la femme et d'avoir piétiné la marchandise. Il voulait qu'il soit référé à la prison centrale pour être jugé. Quand le commandant a compris que je venait pour la même affaire il nous a fait entré dans son bureau, une pièce crasseuse avec des motos, un table de bric et de broc et un banc. Malik a était libéré et s'est assis a coté de moi et son procès a commencé.

La parole est à la partie civile :

-Il est fou, il n'a pas sa tête. Il est dangereux. Il a frappé la femme, la famille fait des histoires. Ils vont venir pour réclamer justice. On ne peut pas le garder dans le quartier. C'est trop dangereux. La femme a mal. Il faut la justice.

La parole est à la défense (C'était moi):

-La femme n'a pas était frappée. Elle n'avait pas à s'installer pour vendre devant le dispensaire, c'est interdit. C'est le gardien qui a demandé à Malik de pousser les affaires. Quand il a pris les affaires le caoutchouc s'est cassé et la marchandise est tombée par terre mais elle n'est pas gâtée. La femme a était indemnisée par le gardien pour son caoutchouc. Malik est un enfant dans sa tête. Il ne sait pas ce qu'il fait. On ne met pas les enfants en prison. Il est sous la responsabilité de dispensaire. Il sera puni pour avoir agit comme ça. S'il y a une amende et c'est normal, il l'a paiera. Mais vous savait son salaire est très bas. Il aide beaucoup sa famille avec ça. Il faut que vous soyez juste. Peut-être 5000Frs.

Le jugement :

-Amdoulai ! Il est libre. Il a mal agit mais la femme n'est pas blessée et elle était indemnisée. Il n'y aura pas d'amende.

En aparté le commandant m'a avoué avoir mal au dos, à la tête et aux pieds. Je lui ai donné un cornet de paracétamol, le prix de la liberté de Malik. A ce rythme là, j'ai un peu de mal à me concentrer sur la valorisation des stocks de fin d'année.

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