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Week-end en brousse

Week-end de trois jours, avec Marie nous avons pris la décision d'aller rejoindre Hélène dans sa brousse.

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Après la prison, j'ai rejoins Marie à la maison et nous avons commencé un périple de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:metricconverter w:st="on" ProductID="35 km">35 km</st1:metricconverter>. Nous avons commencé par prendre la piste à la sortie de la maison pour rejoindre l'autoroute. Arrivée à l'autoroute nous avons pris un taxi simple sur <st1:metricconverter w:st="on" ProductID="4 Km">4 Km</st1:metricconverter> jusqu'au dispensaire, devant la gare des taxi collectifs. Un taxi simple c'est trois devant et quatre derrière dans une voiture et un taxi collectifs c'est entre vingt cinq et trente cinq dans un fourgon type Renault Trafic. Trente cinq c'est en comptant les adultes et les enfants mais pas les poules, les chèvres et les moutons qui voyagent sur le toit.

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J'ai eu de la chance, comme il restait une place devant j'était devant sur une vraie banquette avec le chauffeur et deux vieilles. Marie était assise sur un seau au milieu du taxi. Comme nous étions partit pour une heure et quart de voyage pour faire <st1:metricconverter w:st="on" ProductID="23 Km">23 Km</st1:metricconverter>, je me suis calée contre une vieille et je me suis endormie. Je crois que je dormais plutôt bien quand un grand bruit de tôle froissée m'a réveillée en sursaut. Un camion de transport d'essence était encastré dans notre aile, il s'était arrêté à quelques centimètres de Marie. Heureusement, personne n'avait été blessé mais comme le véhicule était inutilisable et que nous étions pressée nous avons payé et nous sommes partit à la recherche d'un autre taxi.

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Heureusement, nous étions au Km36, le check point de la sortie de la ville. C'est un gigantesque bordel où se mêlent les camions, les voitures, les motos et un char d'assaut. Chacun cherche sa route sur cette piste chaotique et poussiéreuse. Au milieu de ce capharnaüm des enfants et des vendeuses, vendent à boire et à manger pour les voyageurs. La barrière est une vulgaire corde de tissus que le garde soulève quand il repère une voiture facile à racketter. Habituellement, c'est l'endroit de tous les dangers pour nous parce que nous nous faisons arrêter systématiquement.

Une vendeuse nous a indiqué que l'arrêt des taxis pour Coyah était au-delà de 36. Nous avons pris notre courage à deux mains, avec Marie, et nous nous sommes préparé à passer 36 à pied. Et bien finalement c'est beaucoup plus simple à pied qu'en voiture. Personne n'a fait attention à nous. Arrivé de l'autre côté on nous a dit qu'il fallait que nous retournions de là où nous venions parce que la station était avant le check point.

Nous l'avons repassé à pied pour le passer une troisième fois en voiture. Ca tourne à la gourmandise.

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Arrivée à Coyah nous avons pris un taxi moto pour faire les 7Km de pistes qui mènent au couvent où vit et travaille Hélène.

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La faim nous tenaillée. Pas une faim de quantité mais une faim de qualité. Manioc, pain Vache qui rit et riz, on commence à en avoir raz le bol. Tout est trop sucré ou trop épicé. Nous saturons un peu, parce que à la capitale on ne trouve pas beaucoup de diversité. Mais heureusement les sœurs nous avaient préparée des lentilles aux petits salés. Nous avons mangé la moitié du plat à 16h et le reste le soir devant un bon film.

Pas pressée de nous quitter pour la nuit, comme trois ados nous avons mis nos matelas par terre dans la chambre d'Hélène et nous avons discuté jusqu'à nous écrouler de sommeille.

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Dimanche nous sommes allé à la messe en brousse. Au moment de la quête ce ne sont pas les enfants de cœurs qui se déplacent, c'est la foule qui se lève pour faire son offrande. Je pensais tout avoir vu quand Hélène m'a fait de grands signes. Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait. Quand nous sommes revenus à notre place à m'a expliqué.

-Tu as faussé les comptent, tu as mis chez les hommes.

-Quoi ????

-Il y a deux files, une pour les hommes, une pour les femmes et à la fins de la messe on annonce les montants.

-Tu rigoles ?

-Non, c'est très sérieux, on fait un concours toutes les semaines et on commente.

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Pour la communion c'est la même chose, comme ça on sait qui des hommes et des femmes sont les meilleurs paroissiens. C'est un système un peu truqué parce que ce sont les hommes qui donnent l'argent de la quête à leurs femmes donc même s'il y a plus de femmes que d'hommes, ils s'arrangent toujours pour gagner.

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A midi devant une bonne daube nous avons appris que le jour férié de lundi était déplacé à mardi. Ils ne savent même pas prévoir leurs jours fériés, c'est désolant. Il fallait que je rentre mais Marie avait décidé de faire le pont. Confiante nous avons pris, à pied, la piste pour rentrer sur Coyah, nous espérions pouvoir trouver un taxi moto rapidement. Après 4Km nous avions croisé trois motos portant toutes trois passagers quelques bidons et quelques poules. Il faisait chaud (au moins <st1:metricconverter w:st="on" ProductID="38ᄚC">38°C</st1:metricconverter>) et nous marchions en plein soleil. J'ai vu le moment où mes copines allaient me lâcher mais elles ont tenues le coup. Finalement une moto est passée en sens inverse avec des séminaristes qui ont accepté de me prêter leur chauffeur le temps qu'il fasse l'aller-retour sur le village.

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Comme il fallait s'y attendre, il n'y avait pas de taxi collectif, il m'a fallut prendre un bus, le pire de tous les moyens de transport. Deux heures debout, pressés comme des sardines à se battre avec ses voisins. Il faut dire qu'ils veulent conserver le système monté à l'arrière et descente à l'avant comme en France. Je sais en France c'est l'inverse mais ils me soutiennent que c'est comme ça. Bref, ils veulent absolument que les gens traverse la totalité du bus pour faire européen (c'est eux qui le disent) mais il y a des poules dans l'allée centrale. Quand j'en ai eu marre que la pauvre dame avec son bébé soit assise par terre, j'ai fait levé un petit jeune qui était confortablement assis. Pour me remercier une dame m'a gardé une place à côté d'elle quand son voisin s'est levé. Dommage que ce soit 2Km avant la maison.

Et enfin j'ai pris la piste qui mène à la maison après trois heures de route.

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Quel périple mais c'était un bon week-end.

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